Éducateur/trice de la protection judiciaire de la jeunesse

L'éducateur de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) intervient auprès de mineurs en conflit avec la loi, délinquants ou en danger. Qu'il partage leur quotidien ou les rencontre régulièrement, il leur apporte une aide éducative et favorise leur réinsertion sociale.

Niveau d'étude minimal requis

Niveau Licence, Licence Pro

Statut professionnel

fonctionnaire

Au service des mineurs en conflit avec la loi

L'éducateur de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) travaille au quotidien auprès de mineurs en conflit avec la loi. Il intervient, sur décision de justice, auprès de jeunes en grande difficulté, ayant commis des actes de délinquance. Sa mission : les accompagner et leur permettre de s'insérer au sein de la société.

Suivi des mesures judiciaires

La première mission de l'éducateur de la PJJ consiste à assurer le suivi des mesures prononcées par le juge des enfants. Travail d'intérêt général, mesures de réparation, placement dans un établissement ou une famille d'accueil… ce professionnel met en œuvre la décision judiciaire, tout au long du parcours du jeune et propose une aide décisionnelle (civile ou pénale) aux magistrats.

Élaborer un projet individuel

Cette prise en charge quotidienne du mineur passe notamment par l'élaboration d'un projet individuel. Pour cela, l'éducateur de la PJJ évalue chaque situation, chaque contexte (lieu de vie, environnement familial, etc.). Il tient également compte des attentes des magistrats, de l'avis du psychologue. Son objectif : identifier les actions éducatives les plus appropriées pour aider chaque jeune.

Des structures publiques ou associatives

Ce fonctionnaire du ministère de la Justice exerce dans le cadre d'un mandat judiciaire, au sein de différentes structures publiques ou associatives : SIOE (services d'investigation et d'orientation éducative), SEAT (services éducatifs auprès des tribunaux), AEMO (services d'aide éducative en milieu ouvert), centres d'hébergement (foyers, centres éducatifs fermés, centres éducatifs renforcés, centres de placement immédiat… La DPJJ (direction de la protection judiciaire de la jeunesse) rassemble environ 1 500 structures de placement et de milieu ouvert (300 structures relevant du secteur public, 1 200 relevant du secteur associatif habilité).

En milieu ouvert ou en foyer

En milieu ouvert, l'éducateur de la PJJ peut suivre parallèlement une vingtaine de jeunes. Il les rencontre régulièrement, ainsi que leur famille. En foyer, l'éducateur partage la vie quotidienne des jeunes mineurs. Il peut travailler de jour comme de nuit, y compris le week-end.

 

En appui du juge des enfants

En amont et en aval de sa mission éducative, ce professionnel rédige des rapports d'investigation et des synthèses de suivi à l'intention des magistrats (juges des enfants). Il participe à l'application des mesures prises par jugement (réparation pénale, travaux d'intérêt général…).

Humanité et fermeté

Constamment à l'écoute, l'éducateur de la PJJ s'efforce de redonner confiance aux jeunes dont il a la charge, par exemple en reconstituant les liens qui les unissent à leur famille et à la société. Il sait installer une certaine proximité tout en fixant des limites. Pédagogue, il transmet des valeurs essentielles, comme la non-violence et le respect de l'autre. Résistant au stress, l'éducateur sait affronter des situations délicates, surtout lorsque le jeune « replonge » à cause d'un vol, d'une fugue, de la drogue, d'un conflit…

 

Des qualités relationnelles

Pour évaluer une situation ou élaborer un projet éducatif, l'éducateur de la PJJ collabore avec des psychologues, des psychiatres, les services médico-psychologiques, les services sociaux, les établissements de formation… En parallèle, il entretient des relations étroites avec les magistrats. Psychologue, ce professionnel de l'éducation met tout en oeuvre pour impliquer les parents dans la démarche d'insertion sociale du jeune.

L'éducateur de la PJJ est recruté sur concours externe (sur épreuves) accessible aux titulaires d'un bac + 3 au minimum. Après réussite au concours, l'éducateur stagiaire s'engage à servir l'État pendant au moins 5 ans. Il suit une formation initiale rémunérée de 18 mois en alternance : cours à l'ENPJJ (École nationale de la protection judiciaire de la jeunesse) à Roubaix et stages pratiques dans les différents services de la DPJJ (Direction de la protection judiciaire de la jeunesse). À l'issue de sa formation, l'éducateur stagiaire est titularisé et reçoit son affectation.

Niveau bac + 3

Concours d'éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)

Salaire

Salaire du débutant

2200 euros brut par mois (hors primes)

Intégrer le marché du travail

Des concours sélectifs

On compte actuellement environ 5 000 éducateurs de la PJJ en France. Fonctionnaires d'État, ils sont recrutés sur concours sur titres (20 à 35 postes pour 40 à 50% d'admis) ou sur concours sur épreuves, très sélectif (de 3 à 6 % d'admis pour moins d'une centaine de postes par an). Ainsi, en 2018, 649 candidats se sont présentés pour 74 postes.

Une fois reçu au concours, l'éducateur de la PJJ stagiaire suit une formation de 18 mois, avant d'être titularisé et affecté sur un poste. La majorité des postes se situe dans les grands centres urbains (60 % en Ile-de-France, suivi de près par le département du Nord).

 

Débuts en « milieu fermé »

L'éducateur de la PJJ débute souvent en centre de placement. Après 4 années d'exercice, il peut accéder (par concours interne) au corps des directeurs des services de la PJJ. Après 10 ans de service public (dont 8 en tant qu'éducateur), il peut devenir cadre (chef de service éducatif, directeur d'établissement...) par concours ou promotion internes.