Sellier/ère

À l'origine spécialiste du cuir pour fabriquer selles et harnachements pour les chevaux, le sellier travaille désormais tous les matériaux souples. Son savoir-faire trouve des débouchés dans l'industrie automobile ou nautique, la maroquinerie, etc.

Niveau d'étude minimal requis

Niveau CAP, BEP

Statut professionnel

salarié ; artisan

Différentes spécialités

Le métier se décline en différentes branches plus ou moins porteuses. Le sellier harnacheur réalise les pièces en cuir indispensables à l'équipement d'un cheval : selles, harnais, etc. Le sellier bourrelier fabrique des bâches, des toiles de stores, etc. Le travail à la main de l'harnacheur est en perte de vitesse tandis que le sellier bourrelier et surtout garnisseur est recherché dans l'industrie.

Artisanat et industrie

Le sellier garnisseur ou sellier carrossier habille l'intérieur des voitures et des bateaux de luxe, recouvre des sièges d'avion ou de dentiste. Il faut, par exemple, 2 à 5 peaux pour réaliser les 200 à 300 pièces d'une voiture ou d'un camping car. L'extérieur (cuir ou skaï) et l'intérieur (mousse) vont de pair en sellerie garnissage. Enfin, le sellier maroquinier fabrique à la main ou en petites séries des articles tels que portefeuilles, sacs à main, ceintures... cousus à la main ou à la machine.

Avec différents outils et matériaux

Le sellier utilise de petits outils perfectionnés pour couper, marquer, fixer des attaches, encoller, souder, perforer, surjeter. Il est expert de l'aiguille comme de la commande numérique. Outre le cuir, il travaille le tissu, la toile enduite, la fibre de carbone, le polyuréthane, la mousse...

Secteurs variés

Ouvrier qualifié, le sellier peut travailler dans les secteurs de l'automobile, de l'aéronautique, de la construction navale, de l'aviation ou dans différentes entreprises liées au secteur des loisirs. Dans l'ameublement, il participe à la fabrication et à la réparation des fauteuils en cuir notamment, et réalise des aménagements pour les salles de spectacle, les salles de sport...

En atelier

Salarié dans une entreprise industrielle, ses horaires sont fixes et il exerce sous la direction d'un responsable d'atelier. Il connaît et applique les règles de sécurité, surtout lorsqu'il travaille avec du matériel tranchant (ciseaux manuels, couteaux, emporte-pièces...). Il suit un cahier des charges précis.

À son compte

Le sellier peut exercer à son compte. Il organise alors librement son temps de travail et exécute des commandes pour des clients, qu'il s'agisse de particuliers ou d'entreprises. Il peut s'agir, par exemple, d'assurer la rénovation complète des sièges d'une voiture ancienne pour un collectionneur. Il se déplace alors chez le client pour prendre des mesures, faire des essais, etc. Il maîtrise l'ensemble du processus de fabrication et doit être capable de travailler plusieurs matériaux. Il travaille généralement dans un petit atelier.

Rapide et précis

La réactivité et la précision (tout est réalisé au millimètre près !) sont de mise chez le sellier. Surtout pour réaliser rapidement les montages, coutures ou collages nécessaires à l'assemblage des pièces. Expert de l'aiguille, du point sellier notamment, ou des machines à commandes numériques, il sait s'adapter. Sa connaissance des différents procédés de fabrication doit être parfaite, afin de ne rien gâcher des matériaux coûteux qu'il travaille.

Soigneux et attentif

Attaché à la qualité, le sellier apporte une attention toute particulière aux finitions pour que les produits réalisés soient commercialisables. Lorsqu'il crée des prototypes, ils doivent être irréprochables, car ils serviront de modèles pour une fabrication ultérieure. Il doit être capable de juger son travail à tout instant pour le corriger si nécessaire. Il est patient et persévérant.

Créatif

Quand il travaille à la commande et sur mesure, la créativité doit faire partie de ses qualités. À lui de proposer différents choix esthétiques au client, en terme de matériaux, de couleur, etc. Il doit sans cesse innover et mettre au point de nouvelles techniques de fabrication pour améliorer la qualité, le confort et l'aspect de ses produits. Autonome, il doit aussi avoir l'esprit d'équipe dans l'industrie.

Le CAP est le niveau d'entrée dans le métier et l'alternance la voie royale.

Après la 3e

CAP maroquinerie ; sellerie générale ; sellier harnacheur

Bac professionnel métiers du cuir, option maroquinerie ou sellerie garnissage

Salaire

Salaire du débutant

À partir du Smic.

Intégrer le marché du travail

Débouchés limités mais constants

Avec la fabrication des sièges, les principaux emplois de sellier se trouvent dans l'industrie des transports. Les ateliers sont pour la plupart industriels, sauf dans l'automobile de luxe qui exécute le travail sur mesure. Les selliers sont aussi recherchés dans les secteurs de la maroquinerie et du luxe, notamment chez Hermès, fleuron de la maroquinerie traditionnelle française. Hermès maroquinerie sellerie regroupe plus de 3 300 artisans. L'entrée dans le métier se fait souvent par l'apprentissage.

Maroquinerie ou bureau d'études

Des bureaux d'études d'architecture intérieure peuvent également recruter quelques selliers pour réaliser des prototypes ou dessiner de nouveaux sièges, par exemple. Il est alors impératif de bien maîtriser l'outil informatique en plus des techniques traditionnelles.

En évolution

Le secteur de la sellerie, lié aux technologies et nouveaux matériaux, est en constante évolution. Mais la multiplication des équipements bon marché, fabriqués en série, explique qu'une grande part de l'activité se concentre aujourd'hui dans la réparation et l'entretien du matériel plus que dans la conception. Un ouvrier qualifié expérimenté peut devenir chef d'atelier, se mettre à son compte ou bifurquer vers l'enseignement ou le commercial.