Interprète en langue des signes

L'interprète en langue des signes fait le lien entre une personne ou un groupe de personnes sourdes et un ou plusieurs entendants. Il traduit les propos des uns et des autres, tour à tour en français et en langue des signes.

Niveau d'étude minimal requis

Niveau Licence, Licence Pro

Statut professionnel

salarié ; indépendant

Lien entre deux communautés

L'interprète en langue des signes française (LSF) traduit les échanges entre des personnes sourdes qui pratiquent la langue des signes et des personnes entendantes qui parlent en français, puisque la langue des signes n'est pas universelle mais connaît des variantes selon les pays. L'interprète signe avec ses mains selon une logique visuelle et en respectant une grammaire spécifique.

Préparation nécessaire

La langue des signes est aussi riche que la langue française. Selon le cas, l'interprète peut traduire un discours, un cours de gestion, une recette de cuisine, une conversation familiale ou une négociation avec un banquier, par exemple. Il prépare son intervention à l'avance pour être sûr de maîtriser les mots liés au contexte de la conversation qu'il aura à traduire. C'est aussi une langue vivante et évolutive qui nécessite une pratique régulière.

Règles à respecter

L'interprète en langue des signes doit veiller à toujours être parfaitement visible de ses interlocuteurs sourds. Pour cela, il doit se placer stratégiquement dans la pièce, surtout quand il s'adresse à un groupe, éviter le contre-jour qui pourrait empêcher la lecture de ses signes, les cheveux longs ou écharpes qui cachent en partie la bouche, etc.

Un travail physique

Comme tout interprète, ce professionnel doit rester très concentré pendant toute la durée de son travail. En plus de ses mains, l'interprète utilise son regard, l'espace, son visage et même des mouvements d'épaules pour exprimer des nuances, des temps (passé ou futur), etc. Dans un contexte de conférence avec traduction simultanée, l'interprète travaille en binôme pour pouvoir se relayer toutes les 15 à 20 minutes. Pour des situations moins formelles, l'interprète travaille seul, mais jamais plus de 3 h consécutives avec des pauses toutes les 50 minutes.

Des lieux d'exercice variés

L'interprète en langue des signes peut intervenir à l'école, dans une entreprise, pour la télévision, au sein d'une famille, dans des structures spécialisées, dans un cabinet médical, etc. Il peut se déplacer pour répondre à différentes missions qui peuvent varier d'un jour à l'autre.

Une éthique parfaite

L'interprète doit respecter un code déontologique qui lui enjoint de rester neutre dans la conversation, de ne pas trahir la confidentialité des échanges et d'être fidèle aux propos exprimés par les interlocuteurs. Il rencontre des personnes et des professionnels variés et doit adapter ses horaires aux besoins.

Bon niveau en français

L'interprète en langue des signes doit avoir un très bon niveau en langue française et une bonne culture générale pour être capable de s'adapter à toutes les situations et dans tous les secteurs d'activités, qu'il ait à traduire un entretien avec un médecin, une compagnie d'assurance, un recruteur, un cours d'université ou autre. Curieux, il doit être capable d'effectuer des recherches sur un secteur particulier et met en permanence ses connaissances à jour.

Concentration et clarté

L'interprète en langue des signes doit signer rapidement et avec beaucoup de fluidité. Lorsqu'il restitue des signes en français, il doit s'exprimer clairement et de façon intelligible pour son auditoire. Très attentif, concentré, il est entraîné à passer sans cesse d'une langue à l'autre, de façon quasi simultanée.

Adaptation et déontologie

L'interprète doit s'adapter rapidement à chaque nouvelle situation, sujet, auditoire. Il respecte un code de déontologie professionnel pour garantir sa neutralité dans son travail, la fidélité aux propos originaux, le secret professionnel quant aux informations traduites. Enfin, il doit connaître la culture sourde et ses codes, les marques de respect, la nécessité de se regarder dans les yeux, etc.

On peut exercer le métier d'interprète en langue des signes à partir d'un bac + 3 ou d'un bac + 5.

Niveau bac + 3

Licence professionnelle intervention sociale : accompagnement de publics spécifiques, parcours développement et médiation linguistiques en langue des signes

Niveau bac + 5

Master sciences du langage, parcours interprétariat en langues des signes français

Exemple de formations requises

Salaire

Salaire du débutant

1200 euros net par mois. Environ 175 euros HT pour une vacation de 2 h.

Intégrer le marché du travail

Besoin de diplômés

La langue des signes française (LSF) n'est reconnue comme une langue à part entière que depuis le 11 février 2005. La profession est encore relativement jeune. On compte environ 600 interprètes LSF pour 200 000 sourds profonds dont 80 000 environ utilisent la langue des signes. L'insertion est donc bonne pour les interprètes diplômés.

Différents statuts

L'interprète en langue des signes peut travailler en indépendant ou être salarié d'une association ou d'une société spécialisée qui proposent aux personnes sourdes l'assistance d'un interprète pour des situations particulières (entretien d'embauche, rendez-vous médical ou administratif, etc.). Il peut également être fonctionnaire, salarié d'un établissement d'enseignement...

D'autres activités possibles

Digitalisation de la société oblige, l'interprète en langue des signes est de plus en plus sollicité pour de la visio-interprétation via une webcam. Il peut également s'orienter vers la traduction (non simultanée) ou vers l'enseignement, à condition de passer les concours correspondants.