Focus sur la pêche et l'aquaculture en Bretagne

Avec ses 2700 km de côtes, la Bretagne est une grande région maritime. Sa filière pêche - aquaculture occupe une place importante au niveau national. 50 % de la pêche fraîche française est débarquée en Bretagne. La région est aussi la 2e de France en production de coquillages et la 3e pour l’élevage de poissons. Pêche, conchyliculture, pisciculture, mareyage, poissonnerie… On trouve des professionnel·les à bord des bateaux mais aussi à terre pour produire, transformer et commercialiser les produits de la mer.

1/3 des emplois de la filière française se trouvent en Bretagne

Ce sont 12 000 emplois en région : 4 000 emplois en conchyliculture (dont la moitié de saisonniers), 3 000 emplois en mareyage et en poissonnerie, ainsi que 5 000 marins embarqués.

La pêche bretonne c'est aussi 1 150 navires, 13 criées et 624 entreprises.

Devenir marin, c’est facile ?
Sur le pont ou en salle des machines, être marin ne s’improvise pas. La profession est très réglementée avec une filière de formation professionnelle spécifique. Elle est accessible à tous les niveaux de formation avec une expérience en mer indispensable : concernant les métiers embarqués, des temps de navigation sont nécessaires pour obtenir un brevet. D’autres modules de formation (sécurité, incendie …) et le passage de visites médicales (avec les services de santé des ‘Gens de mer’) sont également obligatoires.

Faut-il faire de longues études ?
Il y en a pour tous les goûts ! CAP pour embarquer ou préparer le poisson, Bac Pro pour réparer les équipements des navires, BTSA ou licence pro pour diriger son entreprise aquacole (…) On trouve des formations accessibles après la 3e ou après le bac, y compris en apprentissage. Une fois le diplôme acquis, l’exercice de certaines fonctions, notamment de capitaine, est possible en validant un temps de navigation minimum, ce qui offre des possibilités d’évolution professionnelle. 

Des métiers exigeants ?
Les métiers de la pêche et de l’aquaculture demandent de la disponibilité. En conchyliculture, les horaires dépendent des marées et le travail est intense à l'approche des fêtes de fin d'année. En poissonnerie comme en mareyage, on se lève tôt pour s’approvisionner en poisson frais, et les commerces de détail ouvrent le samedi. Côté pêche, partir en mer plusieurs jours est souvent la norme. La durée de pêche est variable : de quelques heures au large, pour la petite pêche, à plus de 20 jours pour la grande pêche, même si des aménagements existent. Les rotations d’équipages permettent de prendre des jours de repos après plusieurs jours passés en mer. 

Une employée de marée nous raconte son métier  


Des métiers pour les femmes ?  
La proportion de femmes diffère selon les métiers. Elles sont nombreuses en poissonnerie mais peu représentées dans les métiers de la pêche. Or toutes les formations et les métiers de la filière leur sont accessibles, y compris les métiers embarqués.
Scarlette Le Corre, 1re femme marin pêcheur de France et algocultrice 

Ça embauche ?
Epuisement des ressources, concurrence étrangère … la pêche et l’aquaculture offrent-elles encore des perspectives d’emploi ? Et bien oui ! D’une part, pour compenser les départs en retraite, on aura besoin dans les années à venir de marins qualifiés, de patron.nes de pêche, de responsables en mécanique, de chef.fes d’entreprise aquacole. Les tensions sur les recrutements sont déjà d’actualité. D’autre part, des pans du secteur sont amenés à se développer, comme la culture des algues. Enfin, le regain pour les commerces de proximité offre également des perspectives dans la vente des produits de la pêche et de l’aquaculture.   
Breizhmer la plateforme d'emplois métiers des produits de la mer 

Une filière engagée dans le respect de l’environnement
La filière doit s’adapter aux enjeux de préservation de la ressource, de qualité des eaux et du littoral. De nombreuses recherches sont en cours dans la pisciculture pour réutiliser l’eau et en améliorer la qualité. Les pratiques de pêche durable font partie intégrante du métier : la mise à l’eau des casiers se fait aujourd’hui sans ajouter de poids supplémentaire, ce qui préserve les fonds marins. L’obligation de déclarer les captures accidentelles de mammifères marins est une étape supplémentaire dans la sensibilisation à la pêche durable.
Côté innovations technologiques, l’Ifremer travaille sur des chaluts intelligents, outil permettant aux pêcheurs de capturer uniquement ce qu’ils recherchent tout en améliorant la connaissance de l’environnement marin. Autre exemple : la récupération et le recyclage des filets de pêche

A noter aussi la collecte et le recyclage des coquilles Saint-Jacques en baie de St-Brieuc qui broyées, sont utilisées en agriculture pour rectifier l’acidité des sols. 
 


Les perspectives de développement
La France est aujourd’hui classée 7e pays au rang des producteurs d’algues. Avec une quinzaine d’espèces d’algues comestibles cultivées en Bretagne, le marché de l’algoculture offre des opportunités. Des expérimentations sont en cours, comme la culture d’algues sur cordes dans les Côtes d’Armor.

Autres perspectives : les nouvelles exigences des consommateurs, qui impliquent de favoriser les circuits courts, miser sur la qualité des produits et développer l’e-commerce. Un défi pour commercialiser des produits frais tels que les poissons et coquillages.

 

Les innovations technologiques qui améliorent les conditions de travail
Les nouvelles technologies vont amener les navires à se transformer. Les systèmes de pilotage électroniques et numériques apportent une technicité supplémentaire au métier de marin. Les bateaux sont de plus en plus modernes, ce qui facilite les conditions de vie à bord. En aquaculture, les grues hydrauliques, les navires amphibies ou encore le calibrage informatisé facilitent déjà le travail. 
 

Pêche 

  • Mécanicien·ne à la pêche

Sa mission : entretenir et réparer les machines / équipements du navire et participer aux diverses activités à bord du bateau (pêche, traitement des captures, nettoyage du pont).

 

 

Au coeur du métier : la gestion financière, commerciale et matérielle de l'entreprise de pêche. Responsable de l'équipage, du navire et du produit de la pêche, ce.cette professionnel.le choisit les lieux de pêche et organise le travail de son équipe.

 

  • Matelot·e à la pêche

Pêche, tri et préparation du poisson, entretien du bateau, réparation des filets… Il s'agit de participer à toutes les activités à bord d'un bateau de pêche. 

 

Aquaculture

 

  • Ouvrier·ère d’exploitation

L'employé.e aquacole participe aux activités de production et préparation des poissons et coquillages : captage, mise en élevage, suivi de la reproduction, de la croissance et de l’état sanitaire, sélection et préparation des produits pour la vente…

  • Chef·fe d’exploitation

Organisation de la production et de la commercialisation, choix techniques et stratégiques, gestion du personnel, des moyens de production et de la comptabilité financière… Le.la chef.fe d’exploitation doit posséder des connaissances scientifiques, techniques mais aussi des compétences commerciales. 

 

Mareyage 

 

  • Employé.e de marée 

L’employé.e de marée réalise les activités de préparation des produits de la mer : découpes, éviscération, décoquillage, filetage, salage, conditionnement… Il/elle contrôle et trie les produits en fonction de leur qualité.

 

  • Acheteur·euse criée

L’acheteur.euse criée sélectionne et achète des produits de la mer en criée pour les vendre ensuite à ses clients (restaurateurs, grandes surfaces, industries alimentaires, poissonneries…). Il.elle négocie les prix, vérifie la qualité des produits, développe son portefeuille de clients…

 

  • Agréeur·euse

L’agréeur/euse contrôle la qualité des produits de la mer dès leur réception. Il.elle vérifie leur conformité aux exigences réglementaires et au cahier des charges, s’assure de leurs bonnes conditions de stockage et de conservation. 

 

Poissonnerie
 

Son activité : vendre des poissons ou des coquillages fraîchement pêchés. À la demande du client, il.elle vide, écaille, étête, tranche les poissons, ouvre les coquillages et donne des conseils de préparation des produits. 
 

Une offre de formations riche en Bretagne

Sur les 12 lycées professionnels maritimes français, 4 sont sur le territoire breton à Etel, Le Guilvinec, Paimpol et Saint-Malo. On compte aussi le Centre européen de formation continue maritime à Concarneau, l’école nationale supérieure maritime (site de Saint-Malo), le lycée Brehoulou de Fouesnant, le CFA de la ville de Lorient ou encore la Maison familiale rurale de Morlaix

Des formations après la 3e

Des formations après le bac 

Consulter la brochure sur les formations maritimes initiales

Consulter le guide « L’alternance dans le maritime » 

 

Quelques exemples de formation continue

Des dispositifs pour découvrir les métiers de la mer

Proposé aux collégiens et lycéens curieux de découvrir le domaine de la mer, le BIMer permet de suivre pendant un an des cours de culture maritime et d'obtenir un diplôme. Il permet également de rencontrer des professionnels et parfois, de vivre une première sortie en mer. 
Au programme de la formation, 6 thématiques :
- description/construction de navires
- flottabilité/stabilité/sécurité
- mer et météo 
- navigation/réglementation/sécurité
- espaces maritimes/milieu marin et enjeux
- anglais maritime. 
La durée minimale de formation est de 40 heures à laquelle peut s’ajouter un temps consacré à des expérimentations ou du temps d’observation en milieu professionnel. 
 

  • Les marées découvertes

Les « marées découvertes » s’adressent aux personnes souhaitant découvrir le métier de marin : élèves scolarisés, jeunes inscrits dans un dispositif d’orientation ou d’insertion ou encore demandeurs d’emploi, quel que soit leur âge. Elles leur permettent d’embarquer sur un navire pour une durée de 96 heures maximum.

+ d’info auprès des lycées maritimes, des délégations Mer et Littoral (DML), des comités départementaux/régionaux des pêches, Cap Avenir et la Touline.