Focus sur l’aide et l’accompagnement à domicile

Etre au service des autres, c’est le point commun entre les différents métiers de l’aide et de l’accompagnement à domicile. Ces indispensables professionnel·le·s permettent aux personnes âgées, en situation de handicap ou confrontées à la maladie de rester vivre chez elles dans de bonnes conditions. 
La relation humaine est au cœur de leur activité. Sens du contact, capacité d’écoute et d’adaptation sont ainsi essentiels pour travailler dans le domaine. Sans oublier les compétences techniques propres à chaque métier. 
Les postes à pourvoir sont nombreux dans le secteur et leur nombre devrait encore augmenter dans les années à venir tant les besoins sont importants. 

Les chiffres clés

 

Les besoins en professionnels de l’aide et de l’accompagnement à domicile sont en forte hausse en Bretagne. Entre 2017 et 2021, les projets de recrutement sur le métier d’aide à domicile ont augmenté de 70% par exemple.
Cette tendance devrait se poursuivre sur le long terme. Le nombre de personnes âgées va continuer à augmenter fortement. En 2022, 11% de la population bretonne a 75 ans et plus. En 2040, cette proportion devrait être de 16 %. Or, 50 % des personnes de plus de 75 ans font appel à des services d’aide à domicile. 

Les professionnels travaillant pour des particuliers ont souvent plusieurs employeurs. 48% d’entre eux (hors garde d’enfants) travaillent auprès d’au moins 2 particuliers employeurs.
90 % des salarié·e·s d’associations sont en CDI.
Un·e salarié·e débutant·e, titulaire du diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, travaillant à temps plein gagne 1892 € brut par mois.

Source : Gref Bretagne

Des métiers sans qualification ?

Le secteur est ouvert aux reconversions et avoir un diplôme n’est pas obligatoire pour exercer certains métiers du secteur. Mais intervenir au domicile d’une personne ne se résume pas à faire le ménage. Il faut faire preuve de compétences relationnelles mais aussi d’autonomie et de capacités d’adaptation pour intervenir dans des lieux de vie à chaque fois différents. De la même manière, discrétion et respect de l’intimité de la personne aidée sont essentiels pour exercer.
Chaque métier exige également des compétences techniques particulières : savoir effectuer une toilette pour l’accompagnant éducatif et social, surveiller les paramètres vitaux (pression artérielle, température, rythme respiratoire…) pour l’aide-soignant... Etre titulaire d’un diplôme d’État est ainsi nécessaire pour effectuer certaines activités de soin.
Ceux qui commencent sans qualification se voient généralement proposer des formations pour se professionnaliser. De manière générale, tous les professionnels ont la possibilité de se former tout au long de leur carrière et d’évoluer s’ils le souhaitent vers d’autres emplois. On peut ainsi commencer par un poste d’employé à domicile avant d’évoluer vers le métier d’accompagnant éducatif et social, ou par un poste de technicien de l’intervention sociale et familiale avant de se diriger vers un poste de responsable de secteur…
Certaines passerelles existent d’ailleurs entre les formations. Il est possible dans certains cas d’avoir des allègements ou des dispenses de formation pour accéder à un diplôme de niveau supérieur. 

Des métiers exigeants ?

Une bonne condition physique est nécessaire pour intervenir à domicile, que ce soit pour entretenir un logement ou aider des personnes à se lever, marcher ou se laver. Il faut également savoir prendre du recul lorsqu’on est confronté à des situations de vie difficiles. 
Les métiers demandent également de la disponibilité. Les interventions à domicile se font parfois en horaires décalés : on peut commencer tôt le matin pour aider au lever des personnes ou finir tard pour le coucher, travailler certains week-ends et jours fériés, être mobile pour réaliser plusieurs interventions dans la même journée. Ces impératifs impliquent parfois de travailler à temps partiel. Les salariés des associations travaillent ainsi en moyenne 27h par semaine.
Face à ces contraintes, les employeurs proposent certains aménagements et solutions : organisation de l’activité en équipes autonomes, travail 1 week-end sur 4 avec un jour de repos fixe avant et après, plannings réguliers, rémunération du temps passé entre 2 interventions… Certains mettent des voitures de service à disposition de leurs salariés ou indemnisent les déplacements. Des formations sont également proposées pour prévenir les risques d’usure professionnelle et améliorer la qualité de vie au travail.

Des salaires peu attractifs ?

Pour fidéliser les salariés, des revalorisations salariales ont eu lieu. Elles tiennent compte des diplômes, de l’ancienneté, des contraintes de l’activité, du niveau de complexité et de responsabilité des activités. Dans la branche de l’aide et de l’accompagnement à domicile, par exemple, pour un emploi à temps plein : 
- un agent à domicile débutant touche une rémunération de 1 573 € brut par mois 
- un agent à domicile avec 10 ans d’ancienneté touche 1 749 € brut par mois
- un salarié débutant, titulaire du diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, 1892 € brut
- un salarié, titulaire du diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, avec 6 ans d’ancienneté, 1974,5 € brut.
Source : https://solidarites-sante.gouv.fr

Des embauches dans le secteur ? 

Les métiers de l’aide et de l’accompagnement à domicile recrutent. Les besoins en personnel ne cessent d’augmenter, notamment du fait du vieillissement de la population. Entre 2017 et 2021, les projets de recrutement sur le métier d’aide à domicile ont augmenté de 70%. Le métier d’infirmier n’est pas en reste. Dans son enquête en besoin de main-d’œuvre 2022, Pôle emploi le place au 21e rang des métiers concentrant le plus de projets de recrutements en Bretagne. 
Et la tendance devrait encore s’accentuer dans les années à venir. Entre 2022 et 2040, on prévoit une augmentation de 235 000 personnes de plus de 75 ans en Bretagne, soit 11 700 personnes en plus chaque année. 
Les employeurs du secteur sont divers : associations, fonction publique (avec les CCAS, Centres communaux d’action sociale et les CIAS, Centres intercommunaux d’action sociale), entreprises de services aux personnes ou encore particuliers. Tous recherchent des candidats pour répondre aux besoins croissants de la population.  

Des emplois non délocalisables

Les emplois du secteur ne sont ni délocalisables, ni remplaçables par des machines. On aura toujours besoin de professionnels pour aider les personnes dépendantes et maintenir du lien social.
Le cœur de ces métiers restera le même. Si les nouvelles technologies pourront faciliter le quotidien des professionnels, la relation humaine sera toujours essentielle. 

Domotique et nouvelles technologies, une aide au quotidien

Fermeture automatique des volets, bracelets détecteurs de chutes, commande vocale des appareils, piluliers connectés… Les équipements domotiques, de plus en plus présents dans les logements, devraient permettre aux personnes dépendantes de rester plus longtemps à domicile. 
Les nouvelles technologies facilitent également le quotidien des professionnel·le·s. Les cahiers de liaisons numériques, les applications de plannings sur smartphones professionnels qui apportent les informations utiles sur chaque intervention permettent désormais une organisation plus fluide des activités. 

Vers davantage d’autonomie pour les professionnels

Plus que l’apport de nouvelles technologies, les évolutions pourraient concerner davantage les modes d’organisation. Pour éviter le turn over de ses salariés, le secteur se penche sur le bien-être au travail et expérimente de nouvelles formes de management ou d’organisation. Accorder plus d’autonomie dans le travail, laisser les équipes s’organiser elles-mêmes et gérer leurs plannings... Ces réflexions sont plus ou moins avancées selon les structures mais répondent aux souhaits des salariés d’avoir davantage de souplesse dans leur quotidien. 

Des équipes pluridisciplinaires 

Suite à la loi de financement de sécurité sociale 2021, le secteur des services à domicile devrait prochainement se restructurer. Les SAAD (services d’aide et d’accompagnement à domicile), les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile) et les SPASAD (Services polyvalents d’aide et de soins à domicile) se rapprocheront pour former une catégorie unique de Services Autonomie à Domicile (SAD).
Infirmiers, aides-soignants, accompagnants éducatifs et sociaux… se coordonneront pour accompagner de manière globale les besoins des personnes âgées ou en situation de handicap. Avantage pour les professionnels : plus de travail en équipe et d’interactions avec d’autres métiers. 
 

Employé / Employée à domicile

L’employé à domicile se rend chez des personnes âgées ou en situation de handicap pour leur apporter une aide dans les gestes de la vie quotidienne. Il peut effectuer le ménage, l’entretien du linge, préparer les repas, aider les personnes à faire leurs courses ou leurs démarches administratives. Les soins médicaux et la toilette des personnes ne font pas partie du périmètre de son intervention. Pour exercer ce métier, des capacités d’écoute et d’adaptation sont indispensables. Il faut également faire preuve de patience et respecter l’intimité de la personne accompagnée pour établir une relation de confiance réciproque.

Accompagnant éducatif et social / Accompagnante éducative et sociale
(Anciennement Auxiliaire de vie sociale et Aide-médico psychologique)

L’accompagnant éducatif et social intervient auprès de personnes âgées, handicapées ou malades et leur permet de continuer à vivre chez elles. Selon le degré d’autonomie de la personne, il peut l’aider à réaliser des actes de la vie quotidienne ou réaliser les tâches à sa place. Il peut s’agir d’assister une personne pour le lever, le coucher, l’habillage, la toilette, la préparation et la prise des repas. Le professionnel peut également faire les courses, réaliser des démarches administratives ou encore accompagner la personne lors de sorties… Son rôle est également social : il stimule la personne en lui proposant des activités et aide ainsi au maintien de ses capacités. 

Aide-soignant / Aide-soignante 

L’aide-soignant intervient au domicile des personnes sur prescription médicale pour leur procurer des soins d’hygiène, de confort et de prévention. Il peut réaliser des soins de la peau, prévenir des escarres, réaliser des toilettes complètes. Il surveille également l’état de santé des personnes en vérifiant leurs paramètres vitaux (température, pression artérielle, poids…). Contrairement à l’infirmier, il n’administre pas de médicaments et n’effectue pas de soins médicaux comme la pose de perfusions, par exemple. L’aide-soignant fait partie d’une équipe de santé et transmet les informations aux autres intervenants, notamment l’infirmier coordinateur. 

Infirmier / Infirmière 

L’infirmier réalise des soins prescrits par le médecin pour permettre le maintien à domicile de personnes fragilisées ou malades. Il peut changer des pansements, faire des prises de sang ou des injections, poser des sondes urinaires, vérifier des perfusions… Il veille à la bonne alimentation et hydratation des patients, surveille leur état de santé et prépare les piluliers pour la prise de médicaments. Il travaille en lien avec les autres professionnels de santé (médecin, aide-soignant…) qui interviennent auprès des personnes. 

Infirmier coordinateur / infirmière coordinatrice

En plus de ses compétences de soignant, ce professionnel doit faire preuve de capacités d’organisation et d’encadrement d’équipe. C’est lui qui orchestre la prise en charge à domicile du patient par les différents soignants (infirmier, aide-soignant…). Pour cela, il évalue la situation du patient avant de définir un projet de soins individualisé. Il coordonne ensuite les interventions des différents professionnels et les planifie. Il participe à l’installation du matériel médical à domicile et forme l’infirmier, le patient et son entourage à son utilisation. Il assure aussi les différentes tâches administratives liées au dossier du patient et à la gestion des ressources humaines.

Technicien / Technicienne de l’intervention sociale et familiale

Ce professionnel intervient au domicile des familles confrontées à diverses difficultés : hospitalisation, décès, longue maladie, naissance ou adoption, handicap, incarcération d’un parent... Il va accompagner la famille dans les actes du quotidien : courses, ménage, repas, toilette ou encore aide aux devoirs. Il peut aussi participer à la gestion du budget et accompagner les personnes dans leurs démarches administratives. Il est parfois présent lors du droit de visite de parents qui se sont vus retirer la garde de leur enfant.
Son rôle est également éducatif. En fonction des besoins, il va transmettre des savoirs aux enfants (respect des règles, par exemple…) mais aussi aux parents (prendre soin d’un nouveau-né, cuisiner en respectant un équilibre alimentaire…). 

Masseur-kinésithérapeute / Masseuse-kinésithérapeute 

Spécialiste de la rééducation, ce professionnel utilise les massages et la gymnastique médicale pour aider ses patients à recouvrer leurs capacités. Il peut intervenir après une hospitalisation, une chute, mais aussi dans le cadre d'une pathologie neurologique ou motrice, de douleurs chroniques… Après étude de leur dossier médical, le masseur-kinésithérapeute définit les méthodes et les moyens à mettre en œuvre pour redonner de l’autonomie à ses patients. La rééducation à domicile leur permet de retrouver les capacités du quotidien.

Pédicure-podologue

Le pédicure-podologue est spécialisé dans le traitement des affections du pied et des ongles. Il réalise des soins pour traiter les durillons, cors, verrues plantaires, ongles incarnés… Il conçoit des orthèses (comme les semelles orthopédiques) pour améliorer la marche et compenser certaines déformations. Il peut rééduquer le pied et l'équilibre après une intervention chirurgicale.
Son intervention contribue au maintien de l'autonomie et à la prévention des chutes des personnes âgées.
Découvrir le portrait d'Aurélie.

Ergothérapeute

L’ergothérapeute intervient auprès des personnes qui ont des difficultés à réaliser leurs activités à cause d’un handicap, d’une maladie ou de l’avancée en âge. Son objectif : les aider à retrouver un maximum d'autonomie dans leur quotidien. Pour cela, il recueille les besoins de la personne et observe ses habitudes de vie. Il peut ensuite proposer des exercices de rééducation pour réapprendre les gestes usuels (cuisine, écriture, par exemple). Ou privilégier la réadaptation, c’est-à-dire permettre à la personne de continuer à faire ce qu’elle avait l’habitude de faire mais de façon différente.
Son intervention porte aussi sur les aides matérielles. Il donne des conseils pratiques pour l'aménagement du logement : installer un monte-escalier, une barre d'appui dans une douche ou des portes assez larges pour laisser passer un fauteuil, utiliser un téléphone adapté avec amplificateur de son...


Responsable de secteur

Le responsable de secteur coordonne une équipe d’intervenants à domicile. Pour cela, il évalue les besoins des personnes chez elles et élabore un plan d’aide personnalisé. Il peut également effectuer les démarches administratives d’accompagnement des personnes aidées. 
Il gère ensuite les plannings d'intervention des professionnels. Responsable du bon déroulement et de la qualité des services, il doit savoir réagir efficacement aux imprévus : organiser le remplacement de personnels absents ou adapter les interventions au domicile si besoin... Manager, il recrute, encadre les personnels intervenants et veille à leur formation professionnelle.
Dans les plus grosses structures, les plannings des intervenants peuvent être réalisés par des gestionnaires de planning qui secondent le responsable de secteur. 
 

Les diplômes sont accessibles en formation initiale, en formation continue ou encore par la validation des acquis de l’expérience (VAE). 

Des exemples de formations accessibles après la 3e : 

Le CAP Assistant technique en milieux familial et collectif
Le CAP agricole Services aux personnes et vente en espace rural
Le bac pro Accompagnement, soins et services à la personne
Le bac pro Services aux personnes et aux territoires
Le bac techno ST2S Sciences et technologies de la santé et du social
Le diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social
Le diplôme d'Etat d'aide-soignant
Le diplôme d'Etat de technicien de l'intervention sociale et familiale

Les diplômes d’État

Les diplômes d'État (DE) sont indispensables pour exercer certaines professions réglementées. C'est le cas notamment dans le médical (dentiste, pharmacien...), le paramédical (par exemple infirmier, aide-soignant), le social (éducateur de jeunes enfants, assistant social, etc.). La durée de formation, le niveau d'accès (avec ou sans le bac) et les modalités d'accès sont variables en fonction du métier. Ces diplômes se préparent en écoles spécialisées ou à l'université.


Accéder aux diplômes d’Etat préparant aux principaux métiers de l’aide à domicile
Certains diplômes d’Etat du secteur ne nécessitent aucun diplôme particulier pour entrer en formation mais il existe des modalités de sélection : le diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, le diplôme d'Etat d'aide-soignant, le diplôme d'Etat de technicien de l'intervention sociale et familiale…
Avant de se présenter à l’admission dans les établissements de formation, il est cependant préférable d’acquérir expérience et maturité dans une première formation du secteur (CAP, bac pro) ou encore en préparant un bac général ou technologique. 

Des exemples de formations après le bac : 

Le BTS Services et prestations des secteurs sanitaire et social
Le diplôme d'Etat d'infirmier 

Des exemples de titres et certificats accessibles en formation continue : 

Le titre professionnel Assistant de vie aux familles
Le titre professionnel Assistant de vie dépendance
Le titre professionnel Employé familial 
Le certificat complémentaire de spécialisation Accompagner les personnes en situation de handicap vivant à domicile
 

Des aides de la Région pour financer votre formation

En tant que responsable des formations sanitaires et sociales en Bretagne, la Région finance chaque année plus de 8 500 parcours en formation initiale ou continue. Elle attribue également plus de 2 700 bourses d’études, sous conditions de ressources, pour permettre aux étudiant·e·s de suivre leur formation dans les meilleures conditions. 
De nombreux diplômes d’État sont concernés dans les secteurs du paramédical et du travail social : aide-soignant∙e, infirmier∙ère, éducateur∙rice spécialisé∙e, assistant∙e de service social, éducateur∙rice de jeunes enfants…
Pour connaître l’ensemble des formations éligibles et les conditions d’obtention de l’aide QUALIF Sanitaire & Social, rendez-vous sur le site de la Région Bretagne