Focus sur le nautisme en Bretagne

Avec 2 800 km de côtes, la Bretagne est la région qui possède le plus long littoral maritime de France. Les activités liées à la mer y sont très importantes. Plus de 7 000 professionnel·le·s travaillent dans ce secteur à des postes très variés : ils gèrent les ports, construisent des bateaux, vendent des équipements nautiques, mais peuvent aussi former, entraîner, etc. La clientèle est composée des nombreux touristes qui se rendent en Bretagne chaque année mais aussi de Bretons, grands pratiquants d’activités nautiques.

Chiffres clés

Infographie Focus Nautisme

Le nautisme, un job d’étudiants ?

On associe souvent le nautisme aux vacances, qui constituent une période d’affluence pour les activités de bord de mer ou portuaires. Mais le profil type du professionnel du nautisme est assez loin de l’étudiant : un homme de 43 ans avec 13 ans d’ancienneté. « On peut faire carrière aujourd’hui autour de la mer, avec des métiers extrêmement intéressants : ingénierie, éducation à l’environnement, construction, vente de produits sportifs, etc. », explique Tom Daune, délégué général de l’École de voile des Glénans.

Les études sont-elles longues ? 

L’univers du bateau est à la croisée de très nombreuses disciplines : électronique, charpente, mécanique, plasturgie, gestion, commerce, etc. Aussi, la durée des études peut varier du CAP au bac +8 selon que l’on travaille comme employé, technicien, ingénieur ou autres. Les formations concernant les activités de bord de mer sont en revanche moins nombreuses. La plus notable est une formation courte, le BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport).

Le nautisme, des métiers d’hommes ?

En 2016, la part d’hommes était de 75% dans les sports nautiques en Bretagne. La proportion peut varier toutefois selon les sous-domaines avec par exemple une présence féminine plus forte dans la vente d’articles de sport en France. « On hérite d'un modèle qui est très patriarcal et ça se ressent dans tous les secteurs (plaisance, industrie, course au large, etc.). Je pense qu'il y a un enjeu fondamental à ce que les femmes prennent la place qui est la leur dans ce secteur », affirme Tom Daune. 

Vidéo : Lisa, Manon et Camille, charpentières de marine

Peut-on travailler toute l’année ?

Contrairement aux idées reçues, les entreprises proposent des postes à l’année. Pour autant, on retrouve une forte saisonnalité. L’été représente ainsi entre 60 et 70 % du chiffre d’affaires des bases nautiques bretonnes. Pour les ports, les périodes « creuses » constituent un temps essentiel de préparation : « l’hiver, nous avons un travail fou de maintenance, de préparation des équipements et beaucoup d’administratif », explique Virginie Raimbeaux, maître de port à Saint-Cast. La partie industrielle est, sans surprise, moins sujette à ces variations de saison. 

De nouvelles manières de travailler

Comme dans beaucoup d’autres secteurs, le numérique a généré de nouvelles manières de travailler, notamment pour les ports de plaisance. « La numérisation de nos services amène de nouveaux usagers ainsi que de plus en plus de demande de services de conseil et d’accompagnement » dit Virginie Raimbeaux. Concernant les activités nautiques, « le numérique peut nous aider demain avec la création de tutoriels adaptés permettant de faire du lien entre les conseils et les situations pratiques que le moniteur a mis en place » explique Philippe Rodet, directeur de Nautisme en Bretagne. « Il est nécessaire d'inventer du matériel qui va rendre le nautisme plus facile d’accès pour des publics moins aguerris » poursuit-il.

Lire le témoignage de Virginie Raimbaux, maitre de port à Saint-Cast et Philippe Rodet, directeur de Nautisme en Bretagne

La nécessaire décarbonation du nautisme

L’Organisation maritime internationale vise à réduire les émissions annuelles de gaz à effet de serre dans le secteur nautique d'au moins la moitié d'ici 2050, par rapport à leur niveau de 2008.   L'innovation dans le nautisme, c'est aussi de concevoir une soutenabilité économique qui va de pair avec une soutenabilité écologique et sociale. » explique Tom Daune.   Toutes les étapes de la vie des navires sont concernées par cette problématique : conception où l’on cherche à utiliser plutôt des biomatériaux comme les fibres de lin, navigation avec la question de l’utilisation d’énergies fossiles, déconstruction des bateaux avec la question de la gestion des déchets, etc. Ces nouvelles façons de faire peuvent générer des évolutions dans les postes de travail et éventuellement de nouveaux métiers.

Lire le témoignage de Tom Daune, délégué général des Glénans   

« Grain de sail », du transport de produits alimentaires par voilier-cargo 

 

Industrie, commerce et services

Architecte naval·e

L’architecte naval a pour mission la conception du bateau : forme, style, aménagement, etc. Cela implique de solides connaissances scientifiques, par exemple pour le calcul des propriétés hydrostatiques et hydrodynamiques. Il s’occupe également de faire respecter les coûts et les délais et les conditions de sécurité et de respect de l’environnement.

Mécanicien/ne bateaux

Cet ouvrier mécanicien est chargé de l'entretien courant, du diagnostic des pannes et de la réparation des bateaux. Il s'occupe aussi bien de voiliers de plaisance que de gros navires à moteur, voire d'embarcations comme les scooters des mers.

Sellier·e

Le sellier travaille des matériaux souples (cuir, tissu, mousse, etc.). Dans le milieu nautique, il peut s’agir de coussinage, de siège pilote, de bâches, etc. Il est en mesure de fabriquer des gabarits et de reproduire des pièces à neuf, bien souvent des pièces uniques. Il maitrise du matériel spécifique comme la machine à coudre, le pistolet à colle ou encore la scie à mousse.

Préparateur.trice voilier de course et grande plaisance

Le préparateur vérifie que tout est bien réglé avant le départ : câblage, voile, logiciel de navigation, etc. Doté d’une grande polyvalence, il est capable de faire des réglages de premier niveau comme de réaliser des diagnostics afin de déléguer des interventions à des spécialistes.

Ports de plaisance 

Agent·e de port

L’agent de port a des missions très variées : accueil et information des usagers, gestion du placement et de l’amarrage des bateaux, surveillance générale, entretien et maintenance des installations portuaires ou encore encadrement des saisonniers.  

Maître de port 

Le maître de port prend en charge la coordination des équipes et assure le bon fonctionnement du port (pontons, matériel de manutention, gestion du budget). Il est également à l’écoute des besoins des usagers, proposant de nouveaux services (lire l’entretien de Virginie Raimbeaux, maître de port).  

Activités nautiques

Moniteur·trice sportif·ve / Éducateur sportif·ve

L'éducateur sportif initie ou entraîne des publics variés (jeunes, adultes, seniors) dans une ou plusieurs disciplines (catamaran, surf, aviron, etc.) en adaptant ses cours pour une bonne progression. Il peut également être chargé d'autres tâches comme l'organisation de compétitions, la gestion des adhésions, la communication, etc.

 

Nous avons utilisé la définition de Bretagne développement innovation pour construire ce dossier. Celle-ci a défini le nautisme selon le périmètre suivant :  • Pôle industries, commerces et services : architectes et bureaux d’étude, construction, équipements, maintenance et réparation, activités de services. • Pôle ports de plaisance : ports de plaisance, zones de mouillage et d’équipements légers (ZMEL), zones de mouillage individuels (AOT individuelles) • Pôle sports nautiques et de bord de mer : activités nautiques encadrées (loisirs et sports nautiques). Hors activités de location sans pratique encadrée.

Autres sources : 

Nos remerciements à Carole Bourlon, Coordinatrice de projets à Bretagne développement innovation, Tom Daune, délégué général de l’École de voile des Glénans, Virginie Raimbeaux, maître de port à Saint-Cast et Philippe Rodet, directeur de Nautisme en Bretagne pour leur participation.