Patron pêcheur

  • Synonyme : capitaine de pêche marin-pêcheur
  • Niveau BAC, BAC Pro, BP salarié ; artisan

Le patron de pêche est responsable de l'équipage, du navire et du produit de la pêche. Il partage son expérience avec l'équipage et répartit les différentes activités (de pêche et organisationnelles) qu'ils effectueront ensemble en pleine mer.

Des pêcheurs de retour au port au Guilvinec.
Des pêcheurs de retour au port au Guilvinec. © Franck Bétermin
pecheurs-37-web.jpg

Le métier en détail

Chef de terrain

Le patron de pêche est un véritable chef d'entreprise qui gère les campagnes et les lieux de pêche, dirige la conduite de l'expédition, surveille les manoeuvres et le traitement des captures. Il exerce des fonctions de capitaine sur les navires armés à la petite pêche, à la pêche côtière et à la pêche au large, ainsi que celles de second sur des navires armés à la grande pêche.

Service après pêche

À lui de choisir les lieux de pêche et d'organiser le travail. Il gère l'équipage, l'entretien du navire et le traitement des captures. Une fois les différentes espèces capturées (thon, sole, baudroie, merlu...), elles sont triées, puis vendues à la criée. Dans les halles à marée, elles sont conditionnées avant d'être mises à la disposition des grossistes. Elles seront alors transformées ou revendues directement dans les poissonneries et grandes surfaces. Quant à lui, il repart pêcher en mer !

Évolutions diverses

Selon ses compétences et son niveau de qualification, il sera responsable d'équipe ou officier chargé de la conduite du navire ou de la machine, de la pêche et du traitement des captures. Avec la formation continue, il peut évoluer et s'orienter vers le commerce maritime, la plaisance professionnelle ou à terre, où ses compétences sont très appréciées.

Différentes pêches

L'activité peut être très différente suivant la taille du bateau et le type de pêche pratiqué. On distingue ainsi la petite pêche (sortie en mer de moins de 24 heures), la pêche côtière (moins de 96 heures), la pêche au large (plus de 96 heures) ou la grande pêche (plus de 20 jours en mer). Autres critères qui définissent l'activité du patron de pêche : la taille et la puissance du navire. Il peut y exercer des métiers tout à fait différents : soit une activité d'artisan s'il l'exploite seul, soit une activité semi-industrielle ou industrielle sur des bateaux plus puissants avec des équipes pouvant aller jusqu'à 25 marins.

C'est physique !

Les mouvements du navire, les conditions matérielles (bruit, humidité, espace...), les efforts répétitifs, le rythme de travail soutenu font de la pêche une activité physiquement exigeante que les aléas de la production et la météo peuvent rendre pénible. Les marins-pêcheurs sont cependant habitués à faire face à ces situations, grâce à la cohésion et à la complémentarité de l'équipage car, à bord, chacun est un maillon essentiel de l'efficacité et de la sécurité de tous. D'ailleurs, il arrive au patron pêcheur d'épauler les matelots dans leurs tâches (tri, préparation, conditionnement, conservation, stockage des poissons...).

La mer est son univers

Quelle que soit la taille ou la puissance du navire, le patron de pêche doit posséder une solide expérience de la mer, de la pêche et de ses techniques ainsi que du commandement. Technicien et gestionnaire des mers, il sait prendre des décisions rapidement, et garder son sang-froid en toutes circonstances.

Le physique ne fait pas tout

Si pêcher requiert toujours une bonne résistance physique, le métier a évolué : la sécurité s'est renforcée, la navigation implique désormais l'utilisation de l'informatique et de l'électronique, et les cadres doivent avoir un certain niveau d'anglais, ainsi que des notions de gestion et de commerce. Par ailleurs - développement durable oblige -, le pêcheur ne doit pas se contenter d'utiliser les ressources maritimes ; il doit aussi les préserver.

L'informatique au banc d'essais

Il est de plus en plus attendu de savoir gérer les nouveaux outils technologiques, en particulier l'informatique, pour mener au mieux ses activités. Les bancs de poissons sont repérés par avion ou satellite, mais certains navires disposent en plus d'équipements spécifiques de pointe pour les localiser. Commander ces navires, qui sont souvent d'authentiques usines flottantes, est un travail de haute technicité.

Les formations à la pêche sont dispensées dans les établissements publics d'enseignement maritime et dans des centres agréés par le ministère chargé de la Mer, en métropole et outre-mer. En préparant le bac pro CGEM, une période de navigation est ensuite nécessaire pour obtenir le brevet de patron de pêche. La formation continue est également très présente dans ce secteur. En effet, après de l'expérience et des formations complémentaires, le patron de pêche peut devenir capitaine de pêche.

Niveau bac

Bac pro conduite et gestion des entreprises maritimes - pêche

Salaire

Salaire du débutant

A partir du Smic.

Intégrer le marché du travail

Un milieu grand comme l'océan

La pêche maritime est un secteur économique important pour l'alimentation humaine et le développement des régions littorales. Elle manque de main-d'oeuvre et recrute de plus en plus en dehors du milieu maritime traditionnel. Au total, le transport maritime, la pêche, les cultures marines et le tourisme littoral représentent aujourd'hui près de 450 000 emplois en France, dont 25 000 marins-pêcheurs.

L'informatique s'invite en mer

Les progrès technologiques constants des navires demandent des techniciens de plus en plus qualifiés. Avec de l'expérience professionnelle et des formations complémentaires, le patron de pêche peut devenir capitaine de pêche. Il exercera alors des fonctions de direction et de commandement sur les grands navires qui partent pour des expéditions lointaines au Canada, au Groenland, en Afrique pour pêcher la morue, le thon, certains crustacés...

En manque de relève

550 000 tonnes de poissons, crustacés, mollusques et autres algues sont débarquées chaque année par les navires français, et pourtant la pêche manque de jeunes. Du fait d'un turn-over important et de nombreux départs à la retraite prévus, il se profile une pénurie de cadres. Selon les professionnels, il faudrait d'ici 5 ans former 50 capitaines et presque 200 patrons.

En Bretagne

Retour en haut de page