Audio-descripteur/trice

Permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes de suivre un film, une rencontre sportive ou un spectacle, tel est le travail de l'audiodescripteur ou de l'audiodescriptrice. Après avoir visionné l’œuvre avec attention, il ou elle sélectionne les éléments essentiels à la compréhension : actions, attitudes, décors, costumes ou ambiance. Sa mission ? Traduire l’image en mots, avec précision, neutralité et sens du rythme, afin de transmettre l’intention artistique sans l’alourdir ni l’interpréter. Il ou elle rédige un message audio clair et concis, puis l’adapte aux espaces de temps disponibles entre les dialogues, la musique ou les silences. La qualité d'expression, la maîtrise du vocabulaire descriptif et la capacité à restituer l’atmosphère sont essentielles. Selon les projets, les audiodescripteurs peuvent enregistrer eux-mêmes la narration ou bien collaborer avec un comédien ou une comédienne voix. Ils peuvent travailler en lien avec des réalisateurs, des metteurs en scène, des techniciens du son et des associations spécialisées, afin de garantir une expérience inclusive et cohérente. Le métier exige rigueur, sensibilité artistique et grande capacité d’observation. Il s’exerce en free-lance, en studio, au sein de structures culturelles ou de sociétés de postproduction, et contribue à l’accessibilité culturelle pour tous.

Le métier en détail

Devant un écran ou en cabine

Pour un film ou une captation de spectacle, l'audiodescription consiste à visionner et à analyser des images avant de rédiger sa présentation audio. Il faut environ 1 heure de travail pour décrire 1 à 2 minutes de film ou de spectacle. Cet exercice se fait seul, devant un écran et un ordinateur. Lors de spectacles vivants, les audiodescripteurs se trouvent dans une cabine insonorisée pour lire leur texte et restituer en direct ce qu'ils voient.

Un réseau de professionnels

Les audiodescripteurs travaillent aussi avec d'autres professionnels tels que des auteurs, des comédiens, des metteurs en scène, etc. qui leur apportent des informations précieuses ou leur proposent d'autres missions. Les audiodescripteurs doivent accepter de revoir leur travail, notamment à la suite d'une écoute de contrôle par un non-voyant.

Diversification indispensable

Des déplacements sont à prévoir, en particulier pour l'audiodescription de spectacle vivant. La grande majorité des audiodescripteurs est indépendante (auto-entrepreneurs ou intermittents du spectacles pour ceux qui sont aussi comédiens) et multiplie les interventions : cinéma, télévision, théâtre, spectacle, rencontres sportives, etc. Ils doivent s'adapter à la demande et ne pas hésiter à démarcher pour proposer leurs services.

Écoute

L'audiodescriptrice ou l'audiodescripteur est sensible au handicap et sait se mettre à la place des auditeurs. Suivre un film les yeux fermés permet de se rendre compte du travail à réaliser. Attention, sens de l'observation et concentration sont déterminants pour repérer les informations visuelles importantes à décrire (actions, décors, costumes, expressions...) car il faut forcément faire des choix, sans pour autant dénaturer l'œuvre.

Efficacité

L'audiodescriptrice ou l'audiodescripteur doit s'effacer au profit du spectacle. Il ou elle doit repérer les informations pertinentes à donner aux non-voyants et choisir précisément ses mots pour faire des commentaires concis mais très évocateurs, au bon moment, sans couvrir les dialogues ou les bruitages importants. C'est un travail d'analyse et d'écriture qui nécessite de maîtriser la langue française.

Techniques

Outre la maîtrise du traitement de texte, les audiodescripteurs peuvent être amenés à utiliser des logiciels spécifiques de sous-titrage. Ils font attention à la durée de leurs interventions, au rythme, au placement et au calage dans la bande son générale qui comprend dialogues, bruitages, musique... On peut aussi leur demander de réaliser leur bande son ou d'interpréter leur audiodescription.

Pour exercer ce métier, il est préférable d'avoir suivi un cursus post-bac littéraire suivi d'une formation professionnelle courte et spécifique. Certains organismes (publics ou privés) comme par exemple, l'INA (Institut national de l'audiovisuel), l'IMDA (Institut des métiers du doublage et de l'audiovisuel), les associations ASA (All Services Access commentateurs audiodescripteurs), Écouter l'image ou Valentin Haüy en proposent. Ces formations s'adressant en priorité aux professionnels de l'audiovisuel, aux journalistes, aux comédiens, etc. mais pas exclusivement.

Salaire

Salaire du débutant

A partir de 2000 euros brut par mois

Intégrer le marché du travail

Peu de postes salariés

L'audiodescriptrice ou l'audiodescripteur qui aura fait ses preuves pourra espérer intégrer une société de production audiovisuelle, mais les places sont peu nombreuses. La demande croît pourtant depuis la Loi qui oblige les chaînes de télé ayant plus de 2,5 % d'audience à proposer des programmes audio-décrits. L'audiovisuel est le secteur qui emploie le plus d'audiodescripteurs, mais essentiellement en free-lance.

Plusieurs casquettes

Il est conseillé d'avoir plusieurs cordes à son arc dans le métier. Même si la pratique du métier varie, alterner l'audiodescription audiovisuelle et celle pour le spectacle vivant, par exemple, permet d'augmenter ses revenus et d'élargir son réseau. Beaucoup d'audiodescripteurs sont aussi acteurs et interprètent eux-mêmes leurs textes. D'autres se lancent en parallèle dans la formation d'audiodescripteurs.

Sortir du lot

Chaque année, les " Marius de l'audiodescription " sont remis en amont de la cérémonie des Césars et récompensent le meilleur travail d'audiodescription d'un film. Organisé depuis 2018 par le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) et la CFPSAA (Confédération française pour la promotion sociale des aveugles et des amblyopes), cette cérémonie est un bon moyen pour se faire repérer et donner un coup d'accélérateur à sa carrière.

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