Interviews : les métiers du numérique de demain [3]

Interviews : les métiers du numérique de demain [3]

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Interviews : les métiers du numérique de demain [3]

Dans le cadre de notre dossier "Focus sur le numérique en Bretagne", nous avons interrogé Olivier Ridoux, Professeur d’informatique à l’Isticà (Université Rennes 1) et chercheur à l’Irisa au sujet des problématiques environnementales liés au développement de l'informatique. Entretien.

Un circuit électronique
Interviews : les métiers du numérique de demain [3] © Johannes Plenio / Unsplash

Cette interview a été recueillie dans le cadre de la rédaction du dossier Focus sur le numérique en Bretagne.

Olivier Ridoux, Professeur d’informatique à l’Istic (Université Rennes 1), chercheur à l’Irisa et co-rédacteur du rapport du Shift project sur la sobriété numérique 

Les questions environnementales viennent du fait qu’on traite séparément des problèmes qui sont liés les uns aux autres. En informatique, on fait des progrès énormes dans l’efficacité des systèmes mais ça se traduit aussi par plus de systèmes. Par exemple, avant, il y avait un téléphone par foyer maintenant, il y un téléphone par personne. 
Pour les infrastructures comme les data centers, il y aura plus de responsables de l’efficacité globale. Ce sont des métiers qui émergent mais qui dépendent de la taille de la structure. Si elle est petite, la personne ne fera pas que ça, si elle est grande, il pourrait y avoir une équipe entière sur ces questions.
Dans les métiers émergents, si cela va dans le bon sens, il y aura aussi ce qui concerne le recyclage de la réparabilité des objets numériques.  Actuellement, ces objets ne sont quasiment pas réparables et peu recyclables. Ça veut dire des nouveaux métiers qui consistent à concevoir en ce sens en amont et à les réparer en aval.
Les achats, qui ne paraissent pas être une activité informatique, sont aussi des leviers pour le numérique responsable. Cela nécessite une expertise pour le choix du matériel acheté, la fréquence à laquelle on remplace le matériel, etc.
Je pense que ce qui fait avancer les choses, c'est la réglementation. Récemment, la loi sur le RGPD (règlement général sur la protection des données) a créé des postes de délégué à protection des données.

Il y a aussi une loi qui exige qu’un indice de séparabilité soit affiché, cela revient à demander aux ingénieur·e·s de faire en sorte que ce soit réparable. Ces critères environnementaux vont envahir le métier. Par contre, il faut toujours garder en tête que les économies énergétiques réalisées d'un côté ne doivent pas être perdues de l'autre avec plus de systèmes. 

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