Juge d'instruction

  • Synonyme : magistrat/e
  • Métiers associés : Magistrat/e
  • Niveau Master, Ingénieur, Doctorat fonctionnaire

Un meurtre ou un vol est commis ? Le juge d'instruction est chargé d'instruire l'affaire, c'est-à-dire qu'il la " met en état d'être jugée ". Pour cela, il fixe les grandes orientations de l'enquête. Il organise le travail de la police judiciaire, rassemble les pièces du dossier, mène les interrogatoires, délivre les mandats d'arrêt, ordonne les perquisitions, met les suspects en examen, demande un placement en détention provisoire au juge des libertés et de la détention. Une fois son travail terminé, il peut décider du non-lieu d'une affaire ou de son renvoi devant le tribunal ou la cour d'assises. Ce magistrat peut être saisi par le procureur de la République qui ouvre une information judiciaire, ou par une victime qui se constitue partie civile. Cette fonction demande de la rigueur et du sang-froid. Il faut savoir prendre des décisions dans des dossiers où les enjeux sont importants.

Le métier en détail

Une grande éthique

Dans le cadre de son exercice, le juge d'instruction doit trouver sa ligne de conduite entre respect du Code de procédure pénale et éthique professionnelle. Magistrat du siège, il est indépendant et inamovible. De par ses fonctions, il se voit confier de grandes responsabilités. Ses décisions influent directement sur la vie de ses concitoyens.

Entouré de professionnels

Afin de mener son enquête, il travaille en collaboration avec de nombreux professionnels : officiers de police judiciaire, gendarmes, avocats, service médico-légal, experts judiciaires... Il doit ensuite rendre seul une décision, en fonction des résultats de l'enquête.

Une fonction très prenante

S'occupant de nombreux dossiers, le juge d'instruction travaille souvent le soir et le week-end. Au quotidien, il est assisté d'un greffier. Il doit également assurer les permanences : il lui faut alors être disponible 24 heures/24, si une affaire survient.

Humain et juste

De solides connaissances en droit sont, bien sûr, exigées. Mais un magistrat doit aussi être attentif et disponible, humble et autonome, capable d'initiative et de synthèse, réactif et organisé, conciliant et compréhensif. Au quotidien, il est animé par la recherche de la vérité et le sens de l'équité.

Impartial et psychologue

L'action du magistrat s'inscrit de plus en plus dans un travail collectif. Il doit prendre le temps de consulter les différents partenaires avant de rendre, en toute objectivité, sa décision finale. Celle-ci est parfois lourde de conséquences pour les personnes impliquées. Faire preuve de psychologie est indispensable pour appréhender au mieux les affaires à traiter. Des talents de médiateur sont très appréciés pour apaiser les conflits et gérer les événements difficiles.

Le magistrat est recruté sur concours du ministère de la Justice. La formation (rémunérée) se déroule à l'ENM (École nationale de la magistrature) de Bordeaux. Le concours est ouvert avec un M1 en droit validé ou un diplôme d'IEP (institut d'études politiques), et aux anciens élèves d'une école normale supérieure, âgés de 31 ans au plus. 3 tentatives sont possibles. La formation des élèves magistrats (qui ont le statut d'auditeur de justice) dure 31 mois. À l'issue d'un examen, le jury se prononce sur l'aptitude de l'auditeur de justice et détermine son rang de classement pour le choix d'un premier poste. Il suit alors une formation et un stage centrés sur cette affectation. À noter : l'ENM propose des classes préparatoires au concours d'entrée aux jeunes issus de milieux sociaux défavorisés. Il est aussi possible de préparer le concours à l'université dans le cadre des IEJ (instituts d'études judiciaires).

Niveau bac + 4

Master 1 en droit

Diplôme d'IEP

Salaire

Salaire du débutant

A partir de 2160 euros brut par mois

Intégrer le marché du travail

Mobilité fonctionnelle et géographique

La profession de magistrat regroupe une grande diversité de spécialités. Choisir l'une d'elles n'est cependant pas définitif. Au cours de leur carrière, les magistrats sont amenés à changer régulièrement de spécialisation, de manière à évoluer plus facilement. Il est possible d'être juge d'instruction, puis de passer juge des contentieux de la protection, juge des libertés et de la détention, etc. (et inversement) en en faisant la demande. Il faut ensuite que celle-ci soit acceptée par la hiérarchie. Ces changements de fonction et/ou de tribunaux sont conseillés pour progresser.

Évoluer grâce à l'ancienneté

Pour atteindre le premier grade (vice-président d'un tribunal), un magistrat doit être inscrit au tableau d'avancement, sur décision de son supérieur hiérarchique, et justifier de 7 années d'ancienneté. La consécration suprême d'une carrière : accéder aux postes classés hors hiérarchie, comme ceux de premier président, procureur de la République, procureur général d'une cour d'appel ou de la Cour de cassation...

En Bretagne

Métiers proches

Retour en haut de page