Magistrat/e

Vol, conduite en état d'ivresse, agression sexuelle… dans tous ces cas, c'est le magistrat ou la magistrate qui rend la justice au nom de l'État. Garantissant le respect des lois, il ou elle statue avec impartialité. Le ou la juge ne prononce son verdict qu'après avoir étudié le dossier et entendu les accusés comme les accusateurs exposer leurs arguments dans un débat contradictoire. Lui incombe la tâche de fixer les sanctions et les peines, d'ordonner les dommages et intérêts. Le métier comprend plusieurs spécialisations. Dans les affaires criminelles, par exemple, le ou la juge d'instruction rassemble les pièces du dossier, réunit les preuves et interroge les témoins. De son côté, le ou la juge aux affaires familiales s'occupe des demandes de divorce, du droit de garde et de visite des enfants, etc. Son rôle inclut aussi la médiation et la conciliation.

Le métier en détail

Indépendant ou sous tutelle

Les magistrats sont des agents publics disposant d'un statut particulier. Le magistrat ou la magistrate du siège est inamovible, bénéficiant ainsi d'une pleine indépendance dans l'exercice de ses missions. Impossible de le révoquer ou de le déplacer contre son gré. À l'audience, il ou elle reste en position assise, d'où l'appellation de "magistrature assise". A contrario, le parquet, qualifié de "magistrature debout", est placé sous l'autorité du garde des Sceaux.

Un poste à responsabilités

Les magistrats se voient confier très rapidement de grandes responsabilités. En effet, leurs décisions influent directement sur la vie de ses concitoyens. Le jugement s'effectue en collégialité, c'est-à-dire à trois, ou seul.

Entouré de spécialistes

Leur mission ne peut se concevoir sans l'intervention de nombreux professionnels qui participent à la prise de décision finale : avocats, commissaires de justice, greffiers, officiers et agents de police, experts et conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation. Ainsi, les juges des enfants s'appuient toujours sur l'avis des assistants de service social, des éducateurs, des médecins, des psychologues… avant de prendre une décision.

Humain et juste

De solides connaissances en droit sont, bien sûr, exigées. Mais les magistrats doivent aussi être attentifs et disponibles, humbles et autonomes, capables d'initiative et de synthèse, réactifs et organisés, conciliants et compréhensifs. Au quotidien, leur credo doit être la recherche constante de la vérité et le sens de l'équité.

Impartial et à l'écoute

L'action des magistrats s'inscrit de plus en plus dans un travail collectif. Prendre le temps de consulter différents partenaires est indispensable avant de rendre, en toute objectivité, une décision finale… parfois lourde de conséquences sur la vie des gens. Faire preuve de psychologie est indispensable pour appréhender au mieux les cas à traiter. Des talents de médiateur contribuent à apaiser les conflits et à gérer les événements difficiles.

Le magistrat est recruté sur concours du ministère de la Justice. La formation (rémunérée) se déroule à l'ENM (École nationale de la magistrature) de Bordeaux. Le concours est ouvert avec un M1 en droit validé ou un diplôme d'IEP (institut d'études en droitpolitiques), et aux anciens élèves d'une école normale supérieure, âgés de 31 ans au plus. 3 tentatives sont possibles. La formation des élèves magistrats (qui ont le statut d'auditeur de justice) dure 31 mois. À l'issue d'un examen, le jury se prononce sur l'aptitude de l'auditeur de justice et détermine son rang de classement pour le choix d'un premier poste. Il suit alors une formation et un stage centrés sur cette affectation. À noter : l'ENM propose des classes préparatoires au concours d'entrée aux jeunes issus de milieux sociaux défavorisés. Il est aussi possible de préparer le concours à l'université dans le cadre des IEJ (instituts d'études judiciaires).

Niveau bac + 4

Master 1 en droit

Diplôme d'IEP

Salaire

Salaire du débutant

A partir de 2160 euros brut par mois, hors primes

Intégrer le marché du travail

Différentes fonctions

La profession regroupe une grande diversité de spécialités. Choisir l'une d'elles n'est cependant pas définitif. Au cours de leur carrière, les magistrats du siège sont amenés à changer régulièrement de fonction, de manière à évoluer plus rapidement. Il est ainsi possible d'être juge d'instruction quelques années, puis de devenir juge aux affaires familiales. Néanmoins, passer du siège, fier de son indépendance, au parquet, dépendant du ministère, semble difficile...

Évoluer grâce à l'ancienneté

Pour atteindre le premier grade (vice-président d'un tribunal de grande instance), les magistrats doivent être inscrits au tableau d'avancement, sur décision de leur seul supérieur hiérarchique, et justifier de 7 années d'ancienneté. La consécration suprême d'une carrière : accéder aux postes classés hors hiérarchie, par exemple ceux de premier président, procureur de la République, procureur général d'une cour d'appel ou de la Cour de cassation...

En Bretagne

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