Giulia Sacco, chercheuse au CNRS

Giulia Sacco, chercheuse au CNRS

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Giulia Sacco, chercheuse au CNRS

À 30 ans, Giulia Sacco est chargée de recherche au CNRS (Conseil national de la recherche scientifique). Elle travaille sur des projets qui mêlent santé et électro-magnétisme. 

Portrait de Giulia Sacco
Portrait de Giulia Sacco © Idéo

Même si elle attend encore la notification, ça y est, Giulia Sacco a été titularisée en tant que chargée de recherche au CNRS (Conseil national de la recherche scientifique). Cette prestigieuse structure compte parmi les plus importantes institutions scientifiques au monde. « Je travaille dans le domaine du bioélectromagnétisme et plus spécifiquement sur l’interaction entre les ondes et les êtres humains », explique-t-elle. Sa branche, à mi-chemin entre la physique et la santé, consiste à améliorer le soin grâce à la technologie : développement de radars pour mesurer l’activité cardio-respiratoire, de capteurs sur le corps pour lire et transmettre des informations sur certains paramètres vitaux, etc.

Une interface électromagnétique pour aider les déficients visuels

Giulia a même obtenu le soutien du programme européen Actions Marie Skłodowska-Curie pour son projet appelé In-sight. « Mon plus gros projet, c’est de créer des interfaces pour aider les personnes malvoyantes dans leur quotidien. Notre outil va ainsi détecter la présence d'obstacles autour de la personne et l’en informer. » Cet objet est pensé comme une alternative aux cannes blanches et aux chiens guides qui présentent plusieurs limites : détection d’obstacles très proches uniquement, dispositifs contraignants à porter, etc. « Cela va donner une vision plus complète à la personne et lui permettre d’interagir avec son environnement », complète Giulia. Un sujet essentiel à traiter quand on sait que 2,2 milliards de personnes ont une déficience visuelle plus ou moins marquée. [1]
 

Parcours universitaire à Rome

Comme son nom pourrait le laisser deviner, Giulia débute son parcours scolaire en Italie. Elle fréquente un lycée scientifique - un type d’établissement qui n’a pas d’équivalent en France – où elle étudie principalement la physique et les maths.  « J’étais intéressée par la santé mais je ne voulais pas faire médecine, j’ai donc trouvé un compromis avec l’ingénierie biomédicale », dit-elle. Cela se traduit par un bachelor en ingénierie clinique, un master en ingénierie biomédicale et enfin une thèse à la célèbre université de Rome,  « La Sapienza ». 

Elle part ensuite six mois à Eindhoven (Pays-bas) pour découvrir de nouveaux horizons.  « Je pense que dans la recherche, c’est important de ne pas faire tout son parcours au même endroit pour pouvoir découvrir d’autres façons de travailler. L’expérience m’a plu et je suis venue en France », explique-t-elle. 

Un poste à l’Institut d’électronique et du numérique

Aujourd’hui, Giulia travaille à l’IETR (Institut d'électronique et des technologies du numérique) de Rennes. Ce laboratoire présent en Bretagne et Pays de Loire rassemble plusieurs organismes dont le CNRS. « Mon arrivée a été relativement simple parce que j'avais quand même déjà un bon niveau en français. Et comme je suis citoyenne européenne, cela simplifie énormément les choses, y compris pour le concours du CNRS qui m’était ouvert », explique-t-elle. 
 

La recherche n’est pas quelque chose qui va apporter des réponses tout de suite, c’est du long terme. 

Pas d’enseignement mais de l’encadrement

Contrairement aux enseignant·es-chercheur·euses, Giulia n’a pas d’heures de cours à donner. Pour autant, elle ne passe pas la majorité de son temps à mener des recherches non plus. « Mes activités principales sont liées à l'encadrement de thésard·es, de post-doctorant·es ou d'étudiant·es en stage. Il y a aussi une grosse partie d’écriture des projets », explique-t-elle. « Je fais encore de la recherche moi-même, même si c'est compliqué de trouver le temps nécessaire. C’est important de garder contact avec la technique », affirme Giulia.


 

Une bonne collaboration

Giulia ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, loin de là. « A court terme, je souhaiterais monter un groupe de recherche. J'envisage aussi déjà de postuler à de plus gros projets comme ceux de l’ERC [acronyme du Conseil européen de la recherche] ou des projets de recherche collaborative. […] Et puis plus tard, devenir directrice de recherche », explique-t-elle. « La recherche n’est pas quelque chose qui va apporter des réponses tout de suite, c’est du long terme. Mais savoir que ce que je fais aujourd’hui pourrait avoir du sens pour quelqu’un demain est quelque chose qui me motive. »
 

Parité dans les sciences : des disparités persistent

En Bretagne, on trouve autant de femmes que d’hommes qui étudient les sciences. Pour autant, de fortes disparités existent selon les disciplines et cadres de travail : 70% de femmes en études de santé contre 31% dans les sciences fondamentales, 21,7% dans la recherche en entreprise contre 40% dans la recherche en administration.[2]

Déjà au lycée, la parité n’est pas au rendez-vous : en filière générale, les filles sont sous-représentées dans toutes les matières scientifiques, à l’exception de la SVT. Cette tendance s’est renforcée avec la réforme du lycée de 2019 et la fin des séries (L, S, ES). [3]
 

 

[1] Estimation de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS)
[2] Vers l'égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2022, Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
[3] Face à la montée des violences chez les jeunes, le HCE appelle à un plan d’urgence de l’égalité à l’école, Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes, 2022

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