Ils & elles travaillent dans l’ESS : Antoine Clapier, président de Distro

Ils & elles travaillent dans l’ESS : Antoine Clapier, président de Distro

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Ils & elles travaillent dans l’ESS : Antoine Clapier, président de Distro

Antoine Clapier est dirigeant de Distro qui développe la consigne en Bretagne. Depuis 2020, la société coopérative a permis de réemployer 200 000 bouteilles.

Usine de bouteille en Allemagne
Usine de bouteilles en Allemagne © Waldemar / Unplash
Pouvez-vous nous présenter la structure pour laquelle vous travaillez ?

Je travaille pour une coopérative qui s’appelle Distro. Sa vocation, c’est de développer le réemploi. En clair, on va prendre des bouteilles, les laver et les restituer à un producteur pour qu’il les réutilise plutôt que de les casser pour les recycler dans des fours très consommateurs d'énergies fossiles.

Aujourd’hui, nous sommes 3 salariés : une personne pour la logistique et l’exploitation, un responsable technique et innovation et moi, qui suis dirigeant de la coopérative. 
 

Comment est née la coopérative ?

En 2015, un groupe de producteurs de boissons emmené par Olivier Lallemand (Brasserie du Bout du Monde) et Patrick Creac'h (cabinet d'études Kejal) a créé l’association Distro pour favoriser le réemploi. Nous avons repris l’idée en 2020 alors que l’association avait cessé ses activités. Cela a débouché sur la création d’une SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif) en 2022. 
 
 

Pourquoi avoir choisi la forme coopérative ?

La finalité de notre activité, c’est le réemploi des bouteilles mais pour faire ça, il faut activer toute la chaîne. Notre coopérative associe ainsi plusieurs types d'acteurs : producteurs, distributeurs, citoyen·nes, collectivités, fournisseurs d'étiquettes, entreprises soutiens ou réseaux d'entreprises  etc. Pour cela, il faut les convaincre et les accompagner d’un point de vue technique mais aussi économique.

La coopérative tire sa force de l’adhésion de ses sociétaires. Chez Distro, nous sommes 55 sociétaires dont une moitié de personnes physiques et l’autre de personnes morales . On se retrouve tous autour de la table pour définir dans quelle direction on doit aller pour viser une adhésion la plus large possible.

Selon vous, quelles sont les différences entre l’ESS et l’économie classique ? 

Ça fait plus de dix ans que je travaille dans des structures qui relèvent de l’ESS. Entre une mutuelle de santé, une association sportive ou ce que nous faisons avec Distro, les métiers sont extrêmement différents. Mais il y a peut-être un point commun, c’est la question de la gouvernance. Je pense qu'on a une envie de défendre un modèle démocratique un peu différent. 
 

Que faites-vous concrètement au sein de cette coopérative ? 

Je travaille plus particulièrement sur les aspects commerciaux, stratégiques et de gestion. J'ai plutôt un profil de gestionnaire financier. J’ai également des missions d'animation, de développement de la vie coopérative. Concrètement, ça veut dire aller chercher des adhérent·es, les intégrer et faire vivre la coopérative en sachant que les gens viennent chez nous aussi pour cette dimension collective. Ils attendent forcément de l’information, de la participation et de l’échange entre pairs.

Où avez-vous travaillé avant ? 

Juste avant, j'étais dans un groupe associatif d'insertion autour des métiers de la collecte de déchets, du réemploi et du recyclage. Mais mes premières expériences n’étaient pas dans l’ESS : la première était dans une institution internationale et la seconde dans une banque privée à Genève. Je ne regrette rien de cette expérience, j'y ai appris énormément au niveau professionnel.

Je refuse le schéma qui dit que l’ESS serait toujours plus vertueuse que le monde de l'entreprise classique. Je pense juste qu’on ne raisonne pas de la même façon et qu’on ne poursuit pas les mêmes buts.
 

Et la rémunération ? 

Mes choix de carrière font que je ne suis pas aussi bien rémunéré que pour mes précédents postes. Mais j'y retrouve du sens au quotidien, et souvent, de la reconnaissance des salarié·es et des associé·es. Je trouve ça très exigeant d'arriver à faire converger des volontés d'impact social qui sont parfois un peu idéalistes pour les confronter à la réalité. Mais on y arrive 

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